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Exonération charges SASU : à quoi as-tu vraiment droit ?

RubriqueBusiness Publié le8 septembre 2026 Lecture5 min

Beaucoup de créateurs pensent qu’en montant leur SASU, ils ne paieront « presque rien » de charges la première année. Ce raccourci est à moitié faux. L’exonération charges sasu existe bel et bien, mais elle a des règles précises, un plafond, et une durée limitée.

Concrètement, ce mécanisme s’appelle l’ACRE, l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise. Elle réduit une partie des cotisations sociales personnelles du dirigeant pendant douze mois, sous conditions de situation et de revenus. Rien d’automatique, rien d’illimité : il faut déposer une demande et respecter des seuils précis, détaillés sur la fiche Service-Public Entreprendre.

Qu’est-ce que l’exonération charges SASU en pratique ?

Le président de SASU relève du régime général, au même titre qu’un salarié classique. Ses cotisations sociales sont élevées, ce qui fait souvent tousser les créateurs au moment de la première fiche de paie.

Deux professionnels échangeant documents en bureau

L’exonération charges sasu via l’ACRE vient alléger cette facture pendant la première année d’activité. Elle ne supprime pas toutes les cotisations : l’exonération est partielle, et la CSG-CRDS reste due intégralement. Elle porte sur les cotisations d’assurance maladie, maternité, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales, dans la limite d’un plafond de revenu. Si vous voulez comprendre comment récupérer de la trésorerie une fois cette période passée, comment sortir de l’argent d’une SASU sans payer trop mérite d’être lu en parallèle.

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Qui peut en bénéficier ?

Tout le monde n’a pas droit à ce coup de pouce. Il faut créer ou reprendre une entreprise, ne pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes et relever de l’une des situations prévues : demandeur d’emploi, bénéficiaire du RSA, jeune, ou création en quartier prioritaire de la ville par exemple.

  • Demandeurs d’emploi indemnisés ou inscrits depuis plus de six mois sur les dix-huit derniers mois
  • Bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique ou du RSA
  • Personnes de moins de 26 ans, ou moins de 30 ans en situation de handicap
  • Salariés ou licenciés d’une entreprise en difficulté qui reprennent tout ou partie de l’activité

Jusqu’à fin 2025, l’ACRE était accordée automatiquement à la création. Ce n’est plus le cas : il faut désormais en faire la demande auprès de l’URSSAF. Vérifiez toujours votre situation avant de bâtir votre budget prévisionnel dessus.

Comment calculer le montant de l’exonération ?

Vérifiez votre rémunération avant de vous réjouir trop vite, ce point conditionne tout le calcul de l’aide.

Le montant de l’exonération charges sasu dépend directement du niveau de rémunération du président. Tant que le revenu reste inférieur ou égal à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), l’exonération est fixée à 25 % des cotisations concernées. Au-delà, elle devient dégressive jusqu’à 100 % du PASS, fixé chaque année par l’État, et ne s’applique plus ensuite.

Mains écrivant sur documents réunion affaires

Niveau de rémunération Taux d’exonération
Inférieur ou égal à 75 % du PASS Exonération de 25 % des cotisations concernées
Entre 75 % et 100 % du PASS Exonération dégressive
À partir de 100 % du PASS Aucune exonération
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Un salaire trop généreux dès le lancement fait donc perdre une partie de l’avantage. Mieux vaut reprendre les bases du calcul avant de fixer son salaire : c’est un réflexe simple, mais trop souvent zappé. Cette question rejoint d’ailleurs celle des dividendes de SAS soumis à cotisations sociales, un autre poste de charges à anticiper dès la création.

Une durée strictement limitée

L’exonération court pendant douze mois à compter du début d’activité. Pas de prolongation possible, pas de renouvellement automatique. Passé ce délai, les cotisations reprennent leur cours normal, sans filet.

Comment demander cette exonération pour sa SASU ?

Une fois les seuils compris, reste la question de la démarche administrative à suivre, souvent source de confusion.

La demande d’ACRE se fait auprès de l’URSSAF, à l’aide d’un formulaire spécifique, dans les 60 jours suivant la date d’ouverture de l’activité. Passé ce délai, la demande risque d’être refusée.

L’URSSAF instruit ensuite le dossier. Gardez une trace écrite de chaque échange, au même titre que pour n’importe quelle formalité liée à la sécurité sociale.

💡 Conservez la preuve de dépôt de votre demande : elle sera votre meilleur argument en cas de litige.

Pourquoi certains créateurs perdent cet avantage ?

L’accord de l’URSSAF n’est pas une garantie éternelle, certaines situations font perdre l’avantage en cours de route.

Le motif le plus fréquent est le dépassement du plafond de rémunération en cours d’année. D’autres créateurs perdent l’exonération parce qu’ils ont déjà bénéficié de l’ACRE dans les trois années précédentes, sans le vérifier avant de déposer leur dossier. Un oubli qui coûte cher, sans y laisser des plumes financièrement au bon moment.

  • Rémunération annuelle qui dépasse le plafond du PASS en cours d’exercice
  • Bénéfice antérieur de l’ACRE au cours des trois dernières années
  • Dossier déposé hors délai auprès de l’URSSAF
  • Erreur de statut social déclaré lors de la création
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Un dernier point mérite d’être signalé : l’exonération ne dispense jamais des déclarations sociales ni des obligations comptables classiques d’une SASU. C’est un allègement de charges, pas une exonération de formalités. Faites bien la distinction, elle évite des mauvaises surprises au moment du bilan.

Pour résumer l’essentiel : vérifiez le plafond de rémunération avant de fixer votre salaire, déposez votre demande d’exonération charges sasu dans les 60 jours suivant le début d’activité, et gardez un œil sur les trois dernières années pour vous assurer de votre éligibilité. Un dossier bien préparé aujourd’hui vous évite une régularisation salée demain ! En cas de doute, l’URSSAF ou un expert-comptable peut confirmer vos droits.

La rédaction

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