Ce que vous devez savoir sur madame ou mademoiselle
- Depuis la circulaire n° 5575/SG du 21 février 2012, « mademoiselle » a disparu de tous les formulaires administratifs français
- Seule la civilité « madame » subsiste désormais pour toute femme majeure dans les documents officiels de l’État
- « Mme » ne prend jamais de point, contrairement à « M. » pour monsieur
- Dans la vie privée, « mademoiselle » reste un usage libre et non interdit
- Les entreprises privées restent libres d’utiliser ce terme, même si la prudence recommande de s’aligner sur « madame »
Un formulaire administratif, une case à cocher : « Madame » ou « Mademoiselle ». Beaucoup de femmes hésitent encore, et beaucoup d’entreprises aussi. Cette question, en apparence anodine, cache en réalité une évolution juridique précise que j’ai vue passer dans plusieurs dossiers RH pendant mes années de juriste.
Depuis une circulaire de 2012, l’administration française a supprimé le terme « mademoiselle » de tous ses formulaires officiels. Concrètement, seules deux civilités subsistent aujourd’hui dans les documents administratifs : madame ou mademoiselle devient, sur le plan légal, un choix binaire réduit à une seule option. Cette règle s’applique aux services de l’État, mais pas à la vie privée, où chacun reste libre de ses mots.
Depuis la circulaire n° 5575/SG du 21 février 2012, les mentions « mademoiselle », « nom de jeune fille » et « nom patronymique » ont disparu des formulaires et correspondances de l’administration française.
Madame ou mademoiselle : d’où vient cette distinction ?
À l’origine, la logique était simple, presque brutale : madame désignait une femme mariée, mademoiselle une femme célibataire. Le terme « mademoiselle » vient d’ailleurs de l’ancien français « ma damoiselle », qui signifiait littéralement « ma petite dame ». On retrouve la même construction du côté masculin, avec « damoiseau » pour le jeune noble non marié.

Le problème, c’est que cette distinction n’a jamais eu d’équivalent pour les hommes. Un homme reste « monsieur » qu’il soit marié, célibataire ou veuf. L’appellation monsieur madame fonctionnait donc de façon asymétrique : le statut matrimonial des femmes s’affichait publiquement, celui des hommes restait invisible. C’est précisément ce déséquilibre qui a fini par poser problème.
Une civilité qui trahissait des informations privées
Sur un CV, un formulaire de mairie ou une déclaration fiscale, l’ajout de « mademoiselle » donnait une information intime à des tiers qui n’avaient rien à en faire. Situation absurde ? Complètement. Un employeur ou un service public n’a aucune raison légitime de connaître la situation matrimoniale d’une candidate avant même l’entretien.
Pourquoi on ne peut plus dire mademoiselle dans l’administration ?
Deux associations féministes, Osez le féminisme ! et les Chiennes de garde, ont mené campagne au début des années 2010 pour dénoncer cette discrimination. Leur argument était de poids : aucune raison objective ne justifiait de traiter différemment les femmes et les hommes sur ce point précis.
La circulaire du Premier ministre François Fillon, publiée le 21 février 2012, a tranché le débat côté administration. Elle demande explicitement aux services publics de retirer « mademoiselle », « nom de jeune fille » et « nom patronymique » de tous leurs documents. Résultat : impôts, sécurité sociale, mairies et préfectures n’utilisent plus que « madame » pour toute femme majeure.

- Formulaires fiscaux et déclarations de revenus
- Cartes d’identité et passeports
- Documents de la sécurité sociale et de la CAF
- Courriers administratifs des mairies et préfectures
Est-ce que mademoiselle se dit encore aujourd’hui ?
Cette circulaire concerne l’administration, pas la langue française dans son ensemble. Dans la vie courante, entre amis, en famille ou dans un commerce, rien n’interdit d’utiliser « mademoiselle » ! Beaucoup de jeunes femmes continuent d’ailleurs à s’en servir sans y voir la moindre gêne.
Le terme reste aussi très vivant pour désigner une jeune fille, indépendamment de tout statut marital. On parle d’une « mademoiselle de douze ans » sans que personne ne s’en offusque. La mademoiselle définition courante recouvre donc deux usages : l’ancienne civilité liée au mariage, et la désignation d’une jeune personne de sexe féminin.
En entreprise, en revanche, la prudence s’impose. Un service RH ou commercial qui continue à utiliser cette distinction s’expose à un risque, même limité, de discrimination. Mon avis tranché sur la question : mieux vaut généraliser « madame » partout, y compris à l’oral en contexte professionnel, pour éviter toute ambiguïté inutile. Pour bien cerner ce que recouvre une civilité professionnelle correcte, voir aussi avocat ou agence immobilière, comment choisir.

Comment bien abréger madame, mademoiselle et monsieur ?
Autre point qui revient sans cesse dans les dossiers que j’ai traités : les abréviations. On voit tout et n’importe quoi écrit sur des enveloppes ou des devis, et c’est souvent faux. Voici les formes correctes, celles que l’Académie française recommande.
| Civilité | Abréviation correcte | Pluriel |
|---|---|---|
| Madame | Mme | Mmes |
| Mademoiselle | Mlle | Mlles |
| Monsieur | M. | MM. |
Erreur fréquente à bannir absolument : « Mme. » avec un point final. C’est faux ! L’abréviation « Mme » ne prend jamais de point, car elle se termine par la dernière lettre du mot entier, contrairement à « M. » qui, lui, en a besoin. La confusion entre mme mlle et leurs graphies fautives revient souvent dans les courriers professionnels que j’ai relus, et ça fait toujours mauvais effet sur un document officiel.
Et pour maître ?
Petite précision utile puisque la question revient souvent : la maitre abréviation correcte est « Me », sans point, tout comme « Mme ». On l’utilise pour s’adresser à un avocat, un notaire ou un huissier, quel que soit son sexe. Cette civilité professionnelle remplace toute autre appellation, y compris « monsieur » ou « madame ».
Qui utilise encore mademoiselle et dans quels cas ?
Cette dernière question mérite un cadrage clair, car les usages varient énormément selon le contexte. Certaines professions du service, notamment dans l’hôtellerie ou la restauration haut de gamme, conservent l’usage par habitude commerciale plutôt que par conviction.
D’un point de vue strictement légal, rien n’interdit un particulier ou une entreprise privée d’utiliser « mademoiselle ». La loi encadre uniquement les documents administratifs officiels via la circulaire de 2012. Une entreprise privée reste donc libre de choisir sa formule de politesse, même si je recommande d’éviter ce terme dans toute correspondance professionnelle par prudence.

Pour les formulaires internes d’une petite structure, contrats de travail ou fiches de paie, alignez-vous sur la pratique administrative : utilisez uniquement « madame ». Cela évite tout litige potentiel et simplifie vos modèles de documents, sans avoir à gérer deux civilités différentes selon le sexe du salarié.
Retenez l’essentiel : depuis 2012, l’administration n’utilise plus que madame ou mademoiselle réduit à une seule mention, « madame », pour toute femme majeure. Abrégez toujours « madame » en « Mme » sans point, et réservez « mademoiselle » à un usage privé et volontaire. Adaptez vos formulaires d’entreprise dès maintenant pour rester en phase avec cette règle !
Questions fréquentes
Le terme mademoiselle est-il encore utilisé aujourd’hui ?
Oui, dans la vie privée et entre amis. Cependant, l’administration française l’a supprimé en 2012. En contexte professionnel, mieux vaut utiliser « madame » pour éviter toute ambiguïté.
Pourquoi l’administration française a-t-elle supprimé mademoiselle ?
Parce que cette distinction révélait le statut matrimonial des femmes contrairement aux hommes, créant une asymétrie discriminatoire. La circulaire de 2012 a supprimé ce déséquilibre.
Qu’entend-on précisément par le terme mademoiselle ?
Historiquement, mademoiselle désignait une femme célibataire (par opposition à madame pour les femmes mariées). Aujourd’hui, il désigne aussi simplement une jeune fille, indépendamment de son état matrimonial.
Qu’est-ce qui définit le statut de madame ?
Depuis 2012, « madame » est la civilité unique pour toute femme majeure dans l’administration, indépendamment de son statut matrimonial. C’est l’équivalent féminin de « monsieur » pour les hommes.





