Ce que vous devez savoir sur le délai d’abandon de poste
- L’employeur dispose de 2 mois maximum, selon l’article L1332-4 du Code du travail, pour engager des poursuites disciplinaires après avoir eu connaissance des faits.
- Un délai de 48 heures est généralement toléré pour vérifier une éventuelle cause légitime avant d’entamer la procédure.
- La procédure complète (convocation, entretien, notification) dure en pratique entre 3 et 8 semaines.
- La présomption de démission impose désormais une mise en demeure avec un délai de réponse d’au moins 15 jours.
- Passé le délai de 2 mois, l’employeur perd son droit de sanctionner ces faits précis, mais peut toujours agir autrement.
Un salarié disparaît du jour au lendemain, plus de nouvelles, plus de justificatif. Deux mois passent, et toujours aucune lettre de licenciement dans la boîte aux lettres. C’est exactement la situation qui fait paniquer pas mal d’employeurs, et qui fait aussi espérer certains salariés qu’ils vont pouvoir toucher le chômage sans bouger le petit doigt.
Voici l’info essentielle tout de suite : en cas d’abandon de poste délai de 2 mois dépassé, l’employeur perd son droit de sanctionner ce comportement fautif. C’est écrit noir sur blanc à l’article L1332-4 du Code du travail. Passé ce délai légal abandon de poste, il ne peut plus invoquer les faits pour licencier, même si l’absence continue. Une prescription pure et simple, comme en droit pénal.
Combien de temps dure une procédure de licenciement pour abandon de poste ?
Première chose à comprendre : il n’existe pas un chiffre unique et magique. Le délai abandon de poste se découpe en plusieurs étapes, chacune avec ses propres règles.

L’employeur doit d’abord constater l’absence, puis engager la procédure dans les deux mois suivant le jour où il en a eu connaissance. C’est ce fameux délai de prescription. Ensuite, une fois la procédure lancée (convocation à l’entretien préalable), d’autres délais s’enchaînent : au moins 5 jours ouvrables avant l’entretien, puis un minimum de 2 jours ouvrables après l’entretien avant l’envoi de la lettre de licenciement.
Selon les chiffres publiés par la DARES, le motif « abandon de poste » figurait parmi les causes de rupture du contrat de travail les plus fréquemment invoquées avant la réforme sur la présomption de démission, preuve que ce sujet concerne un nombre important d’entreprises chaque année.
Concrètement, abandon poste combien de temps avant d’aboutir à une rupture effective ? Comptez en général entre trois et six semaines si l’employeur agit vite, plus si l’entreprise traîne des pieds ou passe par une mise en demeure préalable, comme l’exige désormais la présomption de démission.
Le nouveau mécanisme de présomption de démission
Depuis la réforme du Code du travail, l’employeur n’est plus obligé de licencier. Il peut mettre en demeure le salarié de justifier son absence ou de reprendre son poste, dans un délai qu’il fixe lui-même (au moins 15 jours). Sans réponse, le salarié est présumé démissionnaire. Un vrai changement de paradigme, et franchement, ça arrange surtout les employeurs qui voulaient éviter de verser des indemnités de licenciement.
Quel délai légal abandon de poste avant licenciement pour faute ?
Le point de départ du calcul, c’est la date à laquelle l’employeur a eu connaissance certaine des faits. Pas la date de l’absence elle-même, attention à la nuance.
Si le salarié ne donne aucune nouvelle, l’employeur doit agir vite. Un délai raisonnable de 48 heures est généralement toléré pour vérifier qu’il n’y a pas de cause légitime (accident, hospitalisation, décès dans la famille). Passé ce laps de temps, il peut engager la procédure disciplinaire, convocation à l’entretien préalable en tête.
Le délai abandon de poste délai avant licenciement total, entre le premier jour d’absence constatée et la notification du licenciement, tourne souvent autour de 4 à 8 semaines dans la pratique. Mais rien n’empêche un employeur pressé de boucler le dossier en trois semaines s’il ne traîne pas. Ce délai a une conséquence directe sur le calcul du solde de tout compte, puisque la date de rupture détermine les sommes dues au salarié.
- Jour 1 : constat de l’absence injustifiée
- 48h à quelques jours : vérification qu’il n’y a pas de cause légitime
- Envoi de la convocation à l’entretien préalable (LRAR)
- 5 jours ouvrables minimum avant l’entretien
- 2 jours ouvrables minimum après l’entretien avant la notification
Que se passe-t-il si l’abandon de poste délai de 2 mois dépassé n’a débouché sur rien ?
Cette prescription de deux mois change tout. Passé ce délai, l’employeur n’a plus le droit d’invoquer l’abandon de poste comme motif disciplinaire pour licencier. Il perd son pouvoir de sanction sur ces faits précis, un peu comme un procureur qui laisserait filer le délai de prescription pénale.
L’article L1332-4 du Code du travail est catégorique : « Aucun fait fautif ne peut donner lieu à lui seul à l’engagement de poursuites disciplinaires au-delà d’un délai de deux mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance. »
Attention, ça ne veut pas dire que le salarié gagne le jackpot ! L’employeur peut toujours agir autrement : mettre en demeure le salarié de reprendre son poste (et ainsi déclencher la présomption de démission), ou invoquer un nouveau fait fautif si l’absence continue au-delà du délai initial. La prescription ne gèle pas la situation, elle bloque juste l’usage du fait fautif passé.
Une situation qui m’agace, autant le dire
Ce qui m’énerve dans ce genre de dossier, c’est le nombre d’employeurs qui laissent traîner sans réagir, persuadés que « le salarié finira bien par revenir ». Résultat : ils se retrouvent coincés, incapables de sanctionner, et doivent repartir de zéro avec une nouvelle mise en demeure. Un dossier mal géré dès le départ, c’est un dossier qui coûte cher en indemnités et en contentieux prud’homal.
Comment prouver l’abandon de poste et comment se faire virer sans faute grave ?
Vous vous demandez comment prouver l’abandon de poste ? L’employeur doit démontrer une absence injustifiée, non autorisée et prolongée. Un simple retard ou une absence isolée d’une journée ne suffit généralement pas. Il faut un faisceau d’éléments : relevés de pointage, mails de relance restés sans réponse, témoignages de collègues, mise en demeure envoyée en LRAR.
Autre question qui revient souvent : comment se faire virer sans que ce soit pour faute grave ? Certains salariés pensent, à tort, que l’abandon de poste est une solution « propre » pour partir. Faux ! Avec la présomption de démission, cette stratégie s’est totalement retournée contre eux : plus de droit au chômage, et aucune indemnité de licenciement à la clé. Autant démissionner franchement ou négocier une rupture conventionnelle, ça reste bien plus avantageux.
| Étape | Délai indicatif |
|---|---|
| Prescription des faits fautifs | 2 mois maximum à compter de la connaissance des faits |
| Mise en demeure (présomption de démission) | Minimum 15 jours pour répondre |
| Convocation à l’entretien préalable | 5 jours ouvrables avant l’entretien |
| Notification du licenciement | 2 jours ouvrables minimum après l’entretien |
Puis-je travailler pendant un abandon de poste, ou risquer autre chose ?
Pas question de croire que l’abandon de poste est un blanc-seing pour aller bosser ailleurs ! Si le salarié travaille pour un autre employeur pendant son absence injustifiée, il s’expose à une aggravation du dossier disciplinaire, voire à des poursuites pour concurrence déloyale si une clause d’exclusivité figure au contrat.
Ce comportement peut aussi justifier des dommages et intérêts réclamés par l’employeur devant le conseil de prud’hommes, si ce dernier arrive à démontrer un préjudice (désorganisation du service, perte de clientèle, surcharge pour les collègues restés en poste). Autant dire que jouer sur les deux tableaux est une très mauvaise idée !
Retenez trois choses simples si vous êtes concerné : l’employeur doit agir dans les deux mois sous peine de perdre son droit à sanctionner, la présomption de démission a largement remplacé le licenciement classique pour ce motif, et prouver un abandon de poste exige des preuves concrètes et datées. Ne laissez jamais un dossier traîner sans réagir, ça se retourne toujours contre celui qui attend !
Questions fréquentes
Est-il possible de travailler ailleurs pendant un abandon de poste ?
Non, travailler pour un autre employeur pendant une absence injustifiée aggrave le dossier disciplinaire et peut exposer le salarié à des poursuites pour concurrence déloyale s’il existe une clause d’exclusivité.
Quel délai minimum s’écoule entre l’entretien préalable et la notification du licenciement ?
Un minimum de 2 jours ouvrables doit s’écouler après l’entretien préalable avant l’envoi de la lettre de licenciement.
Comment prouver un abandon de poste devant la justice ?
L’employeur doit démontrer une absence injustifiée, non autorisée et prolongée à travers des éléments concrets : relevés de pointage, mails de relance sans réponse, témoignages et mise en demeure envoyée en LRAR.
Existe-t-il une meilleure stratégie que l’abandon de poste pour partir sans faute grave ?
Oui, la démission ou la rupture conventionnelle sont bien plus avantageuses que l’abandon de poste, qui entraîne la perte du droit au chômage et des indemnités de licenciement.





